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Baba de voyages en art …. la vie en dehors de ma chambre d’hôte

Derniers jours à la Documenta 14, sur son site de Kassel : cette semaine j’ai mis les bouts … ma chambre d’hôte est un peu prenante, et un peu de voyage en art, hors Colmar, devenait urgent.

Je le confesse, je suis un ours. Je n’aime pas la dispersion,  quant aux écrans : encore moins. Mais j’ai la chance de faire de nombreuses rencontres, avec des gens qui ont des centres d’intérêt connexes aux miens. L’une de ces personnes, venue à la maison pour le festival de musique classique de juillet continuait son voyage à Kassel, pour la Documenta. Dont je n’avais jamais entendu parler.

Un petit peu loin de Colmar, mais faisable… un besoin d’aérer mes méninges… De faire un « voyage en arts« , un de plus … Une amie, toujours partante… Et tant de reportages sur tous les blogs branchés art et culture, sur Arte, aussi.

Cette manifestation a lieu tous les 5 ans, depuis la deuxième guerre mondiale. Cette année, sa taille était particulièrement importante (160 artistes !), puisqu’elle se déploie dans deux villes européennes : Kassel, en Allemagne, et Athènes. J’aurai beaucoup aimé faire les deux, et pouvoir comparer les regards ; c’est toutefois dense, très dense, en émotions, en langages, en messages … J’avais pourtant visé la fin de cette édition, et laissé défiler le monde durant l’été, avant de venir y glisser mon nez.

La ville est gorgée d’art, quel que soit l’endroit où vous laissez vos yeux se poser : le clocher d’une église, les hauts des bâtiments, les vitrines, les rues, les places bien sur, les jardins, la gare, des entrepôts, les musées et lieux d’expositions, plus attendus, …

Je ne sais pas faire du discours, sur l’art. Et ça ne m’intéresse que très peu, ça tombe bien.

Je crois que j’y ai aimé les gens qui regardent, puis se regardent et se voient, comme si tout à coup ceux qui y étaient, étaient de ceux qui ont des yeux. Dans une société de relations virtuelles, de distance, de ruptures, créer cette capacité au regard, à la reconnaissance de l’altérité et éventuellement à son acceptation, voire pourquoi pas à du plaisir dans le constat de cette altérité est pour moi, éternelle petite souris, le fait marquant mon expérience de la documenta.

J’y ai aimé aussi la connexion à des pratiques primitives, les références aux peuples anciens. Leur sophistication, les thèmes et leur universalité. Leur intemporalité, notamment sur la question de l’exode, et celle de l’invasion. J’ai aimé voir les artistes poursuivre des travaux commencés de longue date, et faire avancer nos regards, les adapter à aujourd’hui. Porter des messages de temps, de patience. De récurrence. De connexion à une dimension spirituelle, quelle qu’elle soit, au-delà des jeux politiques et des questions de pouvoir. De transmission.

J’y ai aimé enfin tous les espaces d’expression se nourrissant de plusieurs disciplines. Cette installation de coques de bateaux, usées, transformées en immenses instruments de musique, forcément . Avec des cordes de piano, en plus ; (et que j’ai haï l’interdiction de jouer, si dissonante par rapport à l’intention initiale…) Une autre, parlant aussi à la part de moi qui s’intéressa aux filières de production de biens sophistiqués, et à celle qui aime la mer et ses bateaux, tant et tant. J’aurai bien volé un lingot de fonte, rouillé, pour continuer le travail à partir de leur forme … de leur texture… de leur couleur.

J’ai aimé ces partitions déclinées, tous azimuts, et leurs graphismes parfaits presque devenus alphabets …

Puis je suis partie retrouver le calme de Colmar, et ceux que j’aime, comme on peut, comme on veut, riche, plus riche encore, de tout cela …

Vive les teutons. les grecs. Et les autres.  🙂 Allez y. C’est jusqu’au 17 et cela justifie de sécher le boulot, les cours, et tout le reste …

 

 

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