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ateliers, découvertes d'artiste

Où suis-je ? (Find me ! )

L’itinéraire, c’est par ici ! (find your way thanks to google here !)

 

43 rue Kléber, 68 000 COLMAR-FRANCE

06 58 12 17 83

+33658121783 (I am on whatsapp, skype, viber, messenger)

Pour vous donner un ordre d’idée : je suis à 8 min à pieds de la gare, et à 10 min de la Petite Venise. Vous garer en ville n’est en général pas compliqué.

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Just for you to know : Colmar is a village ; I live 10 minutes away by foot from the Little Venice, the railway station, 5 minutes away from the Unterlinden Museum … It is a safe place, at any time.

You’re arriving :

  • by plane : the nearest airport is Mulhouse/Basel. From this airport, you can come to Colmar by train or by bus (cheaper). By car, it is a 40 minute drive. Some people arrive through Zurich, and take a flixbus after. 
  • by train : the railway station is Colmar, and it is 8 minutes away from home, by foot. If you need a taxi, you’ll find some near the railway station. 
  • by car : you’ll need to park it near my home. There is a parking 5 minutes away (that’s Parking Rapp), but you can also let it for free in the street between 7 pm and 9 am (don’t leave valuable in it). I park my car 5 minutes away, for free, and I will show you where it is if needed. 
moments précieux, PETITES HISTOIRES

Shannon

-« Yes ? Hi Shannon ! Do come in, we’re on the third floor… Well, that’s the fourth one actually in the US ! »

C’est la saison des américains en ce moment. La saison des américains du sud est des Etats Unis : celle de Scarlett O’Hara, celle de la Lettre Écarlate, celle du Pétrole, des Mexicains, des tornades et des ouragans. Celle des religions, peut-être encore plus là qu’ailleurs. Pas certaine. Ils ont survécu, me racontent leurs maison au toit renforcé, leur vie en voiture, leur société soumise aux tempêtes.

Aujourd’hui c’est Shannon qui arrive. Une Farah Fawcett à la cinquantaine plantureuse, les cheveux américains. Son pas est lourd. Elle monte sa grosse valise, péniblement. Je ris, pour mettre un peu de légèreté dans l’instant.

Entre donc, Shannon, je suis contente de te voir arriver.

Tout lui a semblé compliqué avant d’arriver, à Shannon. Il a fallu quinze mails pour que sa réservation soit faite, quinze autres pour lui faire respecter ce qui était dit. Je ne comprends pas. J’ai des difficultés de cet ordre avec d’autres profils en général.

J’attends. Viens, entre. Un thé ? Ta chambre, une carte, des idées pour demain, un bon restau, je réserve. Elle a chaud, soif, fatigue, craque, sous la carapace.

Tous les soirs elle rentre, épuisée. Me raconte ce corps qui ne veut pas la porter. Trop de voiture, jamais elle ne marche. Jamais de vélo : du yoga, les grands jours. Une société qui la rend étrangère à elle-même. Étrangère à son corps, mais pas à sa féminité. Elle parle de sexe, d’amour, si aisément. Elle se demande si elle y a encore sa place, et sur ces questions, elles ont été deux, la même semaine. Pas de place pour les femmes, pas de place pour les pauvres non plus. Pas de place pour les enfants et leur droit à grandir sans que les parents ne les protègent à chaque instant.

Un colosse aux pieds d’argile.

Les limites sont difficiles, pour elle. Mais quelle intelligence. Quelle adaptabilité. Quelle souplesse. Elle pratique la photo, la peinture, a un master en business. Elle est très cultivée. Elle est militante, féministe, assiste les femmes victimes de viol. Elle égrène les chiffres sur ses besoins pour payer sa retraite, son assurance santé.

Je regarde, et me rend compte que je n’en ai pas la moindre idée. Je ne sais même pas si j’y ai droit, si j’y aurai droit un jour. Et je m’en fiche : d’ici là, je serai peut être bien morte.

Nous sommes jeunes, c’est du travail qu’il nous faut. Apprendre, rester dans le courant, même si tout cherche à nous éjecter. Rebondir, s’adapter. Rebondir encore.

Elle me raconte son enfance. Éduquée par ses grands parents, battue, mal traitée. Violée deux fois, par un footballeur, à la fac. Elle en a bien parlé à la hiérarchie, mais on lui a dit qu’elle avait surement bu. Toujours la même histoire.

Dix ans de psychanalyse.

-« Je suis venue chercher du travail en Europe, tu as une idée ? Je veux quitter les USA : il n’y a plus de place pour les femmes, là-bas. »

Une idée, si j’en avais ma cocotte, j’en aurai, du boulot comme tu cherches. Celui avec un bon salaire, du contenu, du rythme. Je crois que je n’ai que des gens qui cherchent à fuir leur pays, en ce moment. Ça doit être la saison des chaises musicales.

A ce jeu il vaut mieux ne pas être femme non plus. Civilisation « vache-qui-rit » : « trop lourde, trop maigre, trop typée …  »

Je rêve de faire un classement. Est-ce qu’un jeune homme super diplômé mais syrien a plus de probabilités de s’intégrer qu’une femme expérimentée américaine sur diplômée. Est-ce qu’une jeune sur diplômée en finances et expérimentée néo zélandaise a plus de probabilités de trouver qu’un brésilien qui fait l’école des ponts.

Société de la peur, de la fuite.

De la haine de l’autre, de la violence gratuite.

Ce qui me sidère, c’est le niveau de bienveillance de ces personnes. Cette conscience de l’autre, commune, quels que soient leurs origines, leurs âges, leurs genres …

Je crois que je ne supporte plus les victimes et ceux qui les écoutent. Il y a des tribunaux, pour cela. Et des règles. Et je crois que je ne me supporte plus quand je n’arrive pas à les convaincre d’aller sur ce terrain.

Celles et ceux qui en font publicité de manière vaine m’usent, par dessus tout.

Les « hashtags » les « selfies » les manifs.

Le vent, le vide.

Les feux d’artifice sans beauté.

Je crois que je ne supporte plus le terme « harcèlement » et tout ce qu’il sous tend de posture de victime. Et le regard plein d’une bienveillance macabre qui va avec.

Je crois que je ne supporte plus, surtout, le vrai silence face aux vraies ordures.

 

 

 

 

actu artistiques, voyages en arts

A stunning place, not far away, worth going to … Un endroit ébouriffant, pas très loin !!!

De retour de Volklingen, en Saar, 2 h 30 de route au nord de Colmar… Où je suis allée voir une Biennale d’Art Urbain, au cœur d’un site industriel classé par l’UNESCO. Mes photos ne vous permettront peut -être pas de comprendre l’ampleur du site, son gigantisme. Je le pense exceptionnel et fascinant du point de vue de l’histoire de l’industrie, et de l’organisation du travail. L’impact de l’activité industrielle dans son environnement est également impressionnant, sidérant. Le fait d’héberger sur ce site une biennale d’art urbain, de friche, était un plus. Assez chahutant d’un point de vue artistique… Peut-être parce que nous y sommes moins habitués, ou du moins, moins habitués à cette forme d’art. Comme si, encore une fois, nous étions bien formatés. Bref, aller à Kassel, ou dans une fondation d’art, c’est assez confortable, facile. Aller à Volklingen vous questionne, sur vous même, sur les œuvres, leur contexte, la beauté, brute … Sur ce qu’est l’art, et vous aussi, au milieu de cela.
Pas mal … 


I’m just back from Völklingen, which is a 2 hour and a half drive north from Colmar. There was a event, on urban art, in an industrial site from the XXth century, classified world heritage with UNESCO. My pictures might not allow you to understand the size of this site, huge. I think it is the first one of this size that I can visit from the inside ; it is fascinating for history of industry, history of techniques (king size ones, not the ones you see on today’s industrial sites), and on work organisation (and you can imagine the social one, behind …In this industry, they have organised an urban art event, which was very interesting. Strange, for those who are used to see art in places such as art fondations, or museums, galeries… Because neither are you used to this type of place, and nore to considering these works as pieces of art… But still… They are… Many questions arise, facing this : your own reactions, at least mine, the way you’re influenced by a context, beauty, art, and you, in the middle of this … Not bad ! 😊

moments précieux

Renaissance

– « Oui ??? » …

J’ouvre, c’est au troisième, mon gars, en avant.

Il est long à monter, le pépère … Il n’a pas trouvé l’interrupteur … Pfff … J’ai le don d’attirer à moi des gens qui décoiffent, chahutent, vrombissent, pétaradent … je me demande ce que la vie va encore me faire comme coup.

Il est en surpoids, voilà pourquoi. Le troisième étage, ça a une petite tendance à les tuer. Je vais attendre un peu avant de lui annoncer qu’il reste un étage à franchir … Pas envie de devoir appeler le samu, encore moins de faire du bouche à bouche.

Un petit thé un plan un restau des horaires de bus … et hop, il est mûr pour le dernier étage … ta chambre, la salle de bain, n’hésite pas à demander si tu as besoin de quoi que ce soit …

On va partager mon appartement, pour quelques jours. C’est une drôle de situation, de la vie de couple sans couple, avec un peu de vie. Mais pourquoi pas. Je retourne à mon piano, il prend une douche, puis descend, il s’assied, écoute, aime. Puis sort, restau. Fin du premier round. Je retourne à mon piano.

Il y a eu Jean Luc, Romain, Patrice, Andrew, Graham, Michel Ange, Murphy, Yuki et tant d’autres. De tous les âges, toutes les couleurs, tous les calibres. Tant d’autres qui m’ont permis de ne pas oublier que la vie, à deux, est parfois douce. Simple. Qu’on peut partager des moments précieux, sans enjeux. Juste par amour des échanges, par amour de l’autre et de ses différences. Une bouteille de vin, un truc à grignoter. Des discussions, légères, intelligentes. Des hommes, comme je n’en avais jamais rencontrés. Différents, si différents des partitions déjà jouées. Et libres, parce que nous sommes dans l’éphémère. Pas plus, pas envie.

Jusqu’au jour où l’envie est revenue. Le corps s’est réveillé. Doucement, de manière insidieuse. C’était un été calme et doux, et j’ai tourné la page.

Il sonnera, un jour, et je dirai :

– « Ha, il était temps. Parce que mon coco, tu mets mes rêves en feu, et avec toi mes insomnies reviennent. Mais attention : je ne veux pas du couple à souffrir, renoncer, trahir, manipuler, s’ennuyer ; ça, ça me fait peur, comme ça te fait peur … Mon programme, c’est airbnb, et plus, si affinité … C’est du concret, pas du rêvé … »

Dommage, je vais le faire fuir si je lui parle ainsi.

Alors je vous fais la version plus officielle :

– « Henri (j’adore ce prénom, il me fait rire, ce qui est un bon début), vous (le vouvoiement, en amour, c’est absolument divin) êtes aussi un cadeau, dans ma vie … je rêve

De partager avec vous ce qui est vous, et non votre travail

De partager avec vous ce qui sera nous, et pas notre travail

De rire avec vous, de regarder avec vous, de sentir avec vous, de respirer avec vous, de danser avec vous, de marcher avec vous (ou de vous regarder, hein, si vous êtes un chamois, parce que je ne vous courrai pas derrière), de vous écouter, … avec légèreté …

Rien de plus : juste de la vie, de l’amour, de la vie, et de l’amour, encore, et encore. »

Renaissance, ou naissance. Enfin.

moments précieux

Lui 2

– « Oui ?…. »

Je n’ai pas répondu. Faire la morte, comme dans mes jeux d’enfant. Ça me sauvera.

Tu as été mon phare, mon rêve d’enfant, mon amour inespéré. Puis la souffrance est venue, rapidement, intense ; elle est repartie, avec toi. Soulagement. Résurrection.

Il a ensuite fallu, pierre après pierre, recomposer ma vie. Il y avait plein d’amour autour de moi, heureusement. Comprendre que de tout cela il fallait apprendre, retrouver les impasses de ce labyrinthe, et les poser, telles des cases « puit », pour renaitre.

– « Je passe par là, je sais que tu m’entends. Je suis au café du coin, si tu as envie de me voir. »

J’ai envie de te voir mais mon envie n’a, au fond, rien à voir avec toi. Mon amour non plus, d’ailleurs. Je les garde au fond de ma poche, dans l’espoir qu’un jour je sois capable d’essayer à nouveau la réalisation de mes envies avec un homme. Tu boiras ton café sans peine, d’ailleurs peut-être es-tu déjà reparti.

Chimère.

– « Si tu en as besoin, sache que je serai toujours là pour toi. »

J’ai surtout besoin de moi, et de l’amour paisible de ceux qui m’entourent, sous toutes ses formes.

Je garde le silence. Je me sens comme les derniers grains d’un sablier. Pouf. Le dernier vient de tomber.

Quatre noëls se sont écoulés, avec toi, au loin. Présent, dans l’absence, absent au présent.

Au premier tu revenais dans ma vie et c’était soleil, dans deux décennies de glace. Faire ton deuil avait été long, aride. Ton retour me faisait fleurir, revivre, vivre. Du moins je le croyais.

Puis il y a eu ce lendemain de Noël où tu étais venu et où nous avions partagé nos fantômes, nos regrets. C’était triste, cet amour, et ces années mortes.

Il y a eu le Noël avant que je ne tombe malade, celui où je suis partie au loin, me cacher, pour ne pas avoir à affronter cela seule, chez moi. Tu étais au bout du mail. Avec ta femme, et ton fils, en filigrane.

Et pour finir, un Noël malade, passé à coller mes morceaux pour tenir debout, entre deux visites de l’infirmière.

Un cycle de Noëls à espérer des choses que tu n’espérais pas, une vie qui ne viendrait pas. Tu n’as été que du sable, entre mes mains, qui filait, filait. L’amour avec toi, c’était comme dans « un barrage contre le pacifique », de Duras : une lutte, de chaque instant, contre les éléments. Perdue d’avance. Il m’en a fallu du temps, pour accepter de regarder en face, et renoncer.

J’ai envie de dire…

« Tu sais je vais passer un vrai beau Noël, cette année. Un Noël atypique qui sera simple et gai. Je n’ai invité que des gens qui sont capables d’entrer en lien avec d’autres personnes. Ils sont tous boiteux, et ils le savent. Et c’est précisément ce que j’aime en eux, ce sont mes pépites, mes trésors. Dans mon théâtre, sur ma scène, je veux des acteurs tendres, justes, vrais. Je ne veux plus de masques, ni de coquilles vides. »

Tu n’aurais pas aimé ma vie. Ces gens, je les croise avec bonheur pendant que je découvre des choses qui ne sont pas vraiment importantes pour tant de personnes, mais très importantes pour moi. Je n’ai plus envie de me sacrifier, je ne suis plus une chèvre, à la merci d’un Pitie grecque.

Alors je ne t’ai pas invité. Tu es resté en bas ou là-bas, peu m’importe.

Je t’ai renvoyé le cadeau que tu avais glissé dans ma boite, sans sens.

Il se perdra en chemin, et tu m’insulteras de cela. Drôle de fin.

Une page s’est tournée, soufflée par le vent.

Le vent mon ami, celui qui me met en mouvement.

moments précieux

Lui 1

– « Oui ?…. »

– « C’est moi, … »

Je n’ai pas répondu. Faire la morte, comme dans mes jeux d’enfant. Il laissera un mot, dans la boite aux lettres. Des cartes postales, aux illustrations violentes, qui disent le contraire de ce qui est écrit, neutre, formel. On a toujours communiqué ainsi, à plusieurs niveaux … là, c’est une bataille navale, un bateau qui explose sous les bombes … Je le prend pour moi, mais c’est peut-être lui. Peu importe.

Ça me sauvera, c’est la seule solution. Je veux vivre.

– « Si tu ne fais pas de bruit, ils ne sauront pas que tu es là »

Petite, la maison craquait la nuit. Je m’étais persuadée qu’un lion se promenait dans le couloir qui longeait ma chambre. Je me cachais sous ma couverture, respirant doucement… Puis ce lion est devenu celui de Kessel, grâce au gout de la lecture, que nous avions en commun, lui et moi, un lion bienveillant, doux protecteur.

L’enfance est passée, mais pas la peur, rampante. Pas vraiment rassurant, comme père. Tout sauf rassurant.

La dernière fois qu’il est venu, j’ai pensé que je n’en pouvais plus de lui, non plus, comme de tant d’autres.

Je n’en pouvais plus de ce qu’il projette sur moi, et qui ne m’appartient pas. De ses sacs et des prisons qu’il nous impose, par peur de lui-même. Des exigences, des attentes, et de l’incapacité d’entendre que vraiment, je suis à bout.

En apparence, tout va bien. Il rit, plaisante, est nourri de tant de choses, incessamment. Son monde est complexe et ressemble au mien. La musique. Le jardin. La lecture. Le monde, quoi.

Longtemps j’ai aimé, accepté, pardonné ses failles. Pardonné sa violence, contre ceux que j’aimais. Peut-être. Puis j’ai grandi, et le pardon s’en est allé. Destruction, jour après jour, de mon frère. Et moi, aux premières loges, partagée entre l’amour de l’un, celui de l’autre, et celui de ma mère, spectatrice évasive. La « loyauté sale », ça se nomme. Continuer d’aimer, de tous les aimer, malgré l’inacceptable. Une seule phrase me reste : « pourquoi ne comprend-il pas qu’il doit arrêter ? … C’est un adulte, pourtant … »

Et ils se demandent pourquoi je disparais.

Il a passé sa vie à attendre son père. Puis il a découvert la réalité de la situation. C’était un peu tard : son père venait de s’éteindre. Il avait été mis en terre. Ne restaient de lui qu’un doux souvenir d’absence et d’attente, des traits sur le visage du fils, semblables à ceux des frères et sœur découverts, une photo et un harmonica. Une tombe froide dans une ville lointaine.

L’autre père, adoptif, n’était finalement qu’un masque de plus. Timbré, lui aussi.

Il avait eu l’air soulagé de cette révélation. J’étais la seule à trouver cela tragique. Innommable.

Quand il s’était agi de devenir père, le mode d’emploi avait manqué.

Bon père pour les autres. Mais boiteux envers les siens.

J’avais grandi sous les yeux de cet homme, et dans le sillage de son amour. Cette mousse verte, posée dans le cou de ma mère, c’était lui. Régulièrement elle voulait brosser ce végétal. Mais au fond, ils n’étaient qu’un. Noire symbiose.

J’étais revenue près d’eux, drôle d’idée, soufflée par un autre homme de la même espèce, après des années de fuite le plus loin possible.

En quelques semaines ils avaient réussi à remettre en place tout ce qui avait motivé mon départ. Vingt ans plus tard, m’étant crue plus solide, à regarder de trop près les dynamiques en jeu, j’étais tombée malade. Malade, et vidée d’une énergie qui ne m’avait jamais fait défaut, jusqu’alors.

« Tu as grossi j’aurai dû t’encourager à faire mon métier au moins tu ne serais pas dénuée de toute perspective professionnelle je plains tes enfants de t’avoir pour mère ton frère est sûr que ton autre frère alcoolique va tous nous tuer il s’est acheté une arme et apprend à sa femme à tuer pour protéger ses enfants ta mère refait un cancer il faut que tu la soutiennes absolument elle a besoin de toi »

Et moi ? J’ai besoin d’air. De vivre, et d’amour, sans conditions, sans jugement, sans pressions et attentes qui ne m’appartiennent pas. Merde. Et je n’ai plus une once d’énergie.

Tu n’entreras plus.

C’est toi, le père, le mari. Et si tu faisais ton job, bien, maintenant … ?

Je n’ai pas ouvert. Je n’ai pas répondu. Je te vois partir, le corps tassé. Vieilli, soudain. Fragile enfant devenu père et grand-père.

Tu n’es pas invité pour Noël. Tu seras une pensée douce, parce que je sais qu’une toute petite partie de toi regrette.

Mon Noël est désormais le mien, comme le reste de ma vie.

Certains liens sont indéfectibles, comme celui qui nous lie. Une limite, pour me protéger n’y changera fondamentalement rien.

Elle me permettra juste … De vivre, enfin.

actu artistiques, découvertes d'artiste, processus créatifs, voyages en arts

Baba de voyages en art …. la vie en dehors de ma chambre d’hôte

Derniers jours à la Documenta 14, sur son site de Kassel : cette semaine j’ai mis les bouts … ma chambre d’hôte est un peu prenante, et un peu de voyage en art, hors Colmar, devenait urgent.

Je le confesse, je suis un ours. Je n’aime pas la dispersion,  quant aux écrans : encore moins. Mais j’ai la chance de faire de nombreuses rencontres, avec des gens qui ont des centres d’intérêt connexes aux miens. L’une de ces personnes, venue à la maison pour le festival de musique classique de juillet continuait son voyage à Kassel, pour la Documenta. Dont je n’avais jamais entendu parler.

Un petit peu loin de Colmar, mais faisable… un besoin d’aérer mes méninges… De faire un « voyage en arts« , un de plus … Une amie, toujours partante… Et tant de reportages sur tous les blogs branchés art et culture, sur Arte, aussi.

Cette manifestation a lieu tous les 5 ans, depuis la deuxième guerre mondiale. Cette année, sa taille était particulièrement importante (160 artistes !), puisqu’elle se déploie dans deux villes européennes : Kassel, en Allemagne, et Athènes. J’aurai beaucoup aimé faire les deux, et pouvoir comparer les regards ; c’est toutefois dense, très dense, en émotions, en langages, en messages … J’avais pourtant visé la fin de cette édition, et laissé défiler le monde durant l’été, avant de venir y glisser mon nez.

La ville est gorgée d’art, quel que soit l’endroit où vous laissez vos yeux se poser : le clocher d’une église, les hauts des bâtiments, les vitrines, les rues, les places bien sur, les jardins, la gare, des entrepôts, les musées et lieux d’expositions, plus attendus, …

Je ne sais pas faire du discours, sur l’art. Et ça ne m’intéresse que très peu, ça tombe bien.

Je crois que j’y ai aimé les gens qui regardent, puis se regardent et se voient, comme si tout à coup ceux qui y étaient, étaient de ceux qui ont des yeux. Dans une société de relations virtuelles, de distance, de ruptures, créer cette capacité au regard, à la reconnaissance de l’altérité et éventuellement à son acceptation, voire pourquoi pas à du plaisir dans le constat de cette altérité est pour moi, éternelle petite souris, le fait marquant mon expérience de la documenta.

J’y ai aimé aussi la connexion à des pratiques primitives, les références aux peuples anciens. Leur sophistication, les thèmes et leur universalité. Leur intemporalité, notamment sur la question de l’exode, et celle de l’invasion. J’ai aimé voir les artistes poursuivre des travaux commencés de longue date, et faire avancer nos regards, les adapter à aujourd’hui. Porter des messages de temps, de patience. De récurrence. De connexion à une dimension spirituelle, quelle qu’elle soit, au-delà des jeux politiques et des questions de pouvoir. De transmission.

J’y ai aimé enfin tous les espaces d’expression se nourrissant de plusieurs disciplines. Cette installation de coques de bateaux, usées, transformées en immenses instruments de musique, forcément . Avec des cordes de piano, en plus ; (et que j’ai haï l’interdiction de jouer, si dissonante par rapport à l’intention initiale…) Une autre, parlant aussi à la part de moi qui s’intéressa aux filières de production de biens sophistiqués, et à celle qui aime la mer et ses bateaux, tant et tant. J’aurai bien volé un lingot de fonte, rouillé, pour continuer le travail à partir de leur forme … de leur texture… de leur couleur.

J’ai aimé ces partitions déclinées, tous azimuts, et leurs graphismes parfaits presque devenus alphabets …

Puis je suis partie retrouver le calme de Colmar, et ceux que j’aime, comme on peut, comme on veut, riche, plus riche encore, de tout cela …

Vive les teutons. les grecs. Et les autres.  🙂 Allez y. C’est jusqu’au 17 et cela justifie de sécher le boulot, les cours, et tout le reste …

 

 

travail en cours

flash en direct de Colmar, capitale de la porcelaine d’art :)

Hihi…

Quand je pense à tous ces pauvres gens dans les bouchons (et pas de champagne), …. Voilà. Je vous ai fait un petit film, juste parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas sévi avec ma caméra, histoire de ….

Et hop, j’y retourne , parce que miss baba’s channel, c’est cool, mais ça a ses limites …..

A bientôt !