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Comment j'ai appris à survivre en terrain sensible

Comment j'ai réussi à survivre en terrain sensible

J’imagine qu’avec un titre de ce type vous espérez me voir en tenue de Rambo dans la jungle alsacienne (le Ried), avec mon couteau entre les dents. Que non pas. Vous ne verrez rien.

J’avais envie de vous raconter comment je joue, depuis quelques années, à faire des boites, et pourquoi.

En 2015 j’ai eu la chance de rendre visite à un sculpteur (Anton Reijinders) dont j’apprécie le travail, pour sa sobriété et son efficacité. Sa sensibilité. Son rapport aux formes, et aux matières.

Nous allions passer quelques jours à Amsterdam avec des amis. Je cherchais tous azimuts des lieux où son travail était exposé, puisque je le savais habitant à proximité. Je ne trouvais rien, et cela m’agaçait… J’en échange avec ces amis, qui me suggèrent de le contacter. C’est très difficile, pour moi, de faire cela …. Bref, nuit d’insomnie, puis je me lance, envoie un petit mail, via un formulaire de contact et bingo !! Ce monsieur répond, et me propose un rendez vous dans son atelier, à Hertogenbosch, ville native de Jérôme Bosch. Et nous voilà partis !!!

Tout son travail est organisé autour de dialogues qu’il a avec des formes et des matières qu’il rencontre sur son chemin. Par exemple, s’il trouve une chaussette dans la rue, et qu’elle lui plait, il engage ce dialogue (mais oui, et si vous voyiez le résultat, c’est d’une poésie et d’une sensualité… Moi, les chaussettes, a priori … Bref. Superbe.)… Ou une poire, un fût de canon, un gravier etc. Puis à partir de la forme ou de la matière qui l’inspire, il engage alors un travail de recherche, déclinant la taille, les matières, les couleurs, puis  il les assemble, dans un espace dans lequel il fait intervenir des vides, des pleins, etc.

Il m’explique donc tout cela, tout charmant et passionné qu’il est, puis je rentre dans mon fond de Colmar, avec toujours une petite envie de rire et de me réjouir de ce qui m’arrive. Et en bécasse que je suis, en ayant ASSEZ de ranger mon thé dans des boites industrielles, et désœuvrée de mes mains, je me mets à faire des boites en porcelaine, pour les offrir.

Et me voilà partie. Au début, je suis sérieuse, appliquée. J’en fais une, deux, trois. Puis cette bande de rigolotes commencent elles aussi à me raconter des histoires, comme les chaussettes d’Anton. Je leur fais subir les pires traitements (chutes, coups de chaussure ou de rouleau à pâtisserie, comme Ma Dalton…)… Et elles deviennent… La boite à théfatigué… La boite à théconforme… La boite à thédélicate… Etc…

J’en ai fait dix, cette fois là. Elles ont plu. Puis j’ai poursuivi, encore et encore, à chaque fois qu’il se passe quelque chose qui m’inspire : les réussites de mes fils, les gens que je croise dans la rue, mes envies de mer et de glace en pot, etc. C’est sans fin. Aujourd’hui, il y en a aux USA, en Suisse, un peu partout …

Et j’avoue que c’est magique. En s’incarnant dans une boite, et en jouant avec cela, la vie devient légère, et la beauté émerge, du banal comme du tragique.

Il m’arrive aussi de les montrer. Et une deuxième magie s’opère : elles rencontrent des gens qui sont dans l’histoire qui a présidé à leur création.

Alors moi, petite souris, je ris.

Voilà, c’est pour cela que j’ai crée un atelier BOITATOUT . J’avais envie de partager cette découverte, et de faire ce voyage en art avec d’autres personnes …. pour continuer ma vie de petite souris …

réservez par mail : aurelia.barraux@gmail.com

 

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