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Comment j’ai cessé d’apprendre tout ce dont je n’ai pas besoin …..

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Comment j'ai cessé d'apprendre tout ce dont je n'ai pas besoinJe ris déjà, dans mon coin, avec un titre de ce genre. Quelle crâneuse je suis, moi qui ai passé tant d’années à apprendre les choses les plus improbables, de manière studieuse, appliquée. Je ne vais pas en faire la liste. Enfin, quand-même, garder ça caché, c’est un peu comme laisser un musée fermé, parce que les pièces contenues sont vieilles, usées, passées.

Alors oui, j’avoue.

J’avoue avoir appris les systèmes d’armes américains (en english), la navigation avec une vieille règle de Cras, les nœuds de marins et l’histoire des batailles navales (par le type le plus passionnant et passionné que j’aie connu), le solfège (par une vraie sorcière), le step (par une diva), l’électronique (par un monsieur très charmant et catastrophé de mon niveau), les chants militaires (oh oh oh, je vous passe l’image), la radio goniométrie (par un type rond comme l’écran), la gestion financière (triste, ce type), l’histoire des idées politiques (plutôt vert, lui, sous la poussière), la pédagogie, l’histoire de la pensée nord américaine (et en anglais, plize) … le droit public (mon dieu le costume gris, à bannir), la note de synthèse juridique (bof, faisandé), le saxophone (lui était drôle…), … j’en ris encore ….

J’avoue avoir été intéressée dans tout ce qui ne paraissait pas important. Ma technique ? Investir tous les petits coefficients des formations, laisser tomber les matières transmises par des loosers, de manière médiocre (et il y en a plein), et m’abandonner dans ces cadeaux qui venaient à moi, et m’y vautrer, telle la chate au soleil… Et dans le fond, toutes ces petites choses insignifiantes et inutiles socialement, qu’est-ce qu’elles m’ont marquées. Plus que tous les trucs « sérieux ».

Puis un jour, j’ai fait l’expérience de trop. L’école de trop. Les cours vides, de trop. La souffrance qui en résulte, de trop. Le prof malveillant et nul, de trop. Le directeur et ses histoires de minable, de trop.

Et j’ai pris le large, pour ne plus suivre que mon courant. Sans consommer des savoirs. En utilisant. En écoutant. En regardant.

L’idée est celle-là, et elle s’adresse pourquoi pas à tous ceux qui apprennent de manière compulsive, avec angoisse, et la tête pleine, la nuit, qui tourne et tourne en rond…

L’idée est de ralentir son rythme physique. Parce qu’alors ne subsiste que la sur activité mentale. Puis ralentir l’hyperactivité mentale en ne s’autorisant que ce qui donnera le jour à quelque chose d’incarné. Pas un ongle. Non. Exemple. Mon projet de cette année est autour des variations Goldberg. Je sors, je lis, j’écoute, je reçois des gens chez moi, en lien avec ce travail. Puis je crée une ligne de vaisselle, en lien avec cela. J’organise un repas, autour de cela … Autre exemple. Le foyer, la maison, la protection sont des projets de l’an passé. Je lis, regarde, fais des recherches, rencontre des gens, toutes approches confondues. Puis je fais une sculpture. Puis un atelier, pour transmettre à d’autres personnes ce que j’ai appris … puis j’écris, ce qui se passe, chez moi ….

Magique. Je continue d’apprendre, peut être plus que jamais, mais à présent il n’y a plus une once d’inutilité dans ma démarche.

Mes projets sont devenus mes systèmes complexes préférés, et ils attirent à moi un niveau relationnel jamais égalé. On me demande si j’en vis.

Oui. Pour la première fois. Et mieux que jamais.

De mes expériences j’ai créé des ateliers qui sont des temps durant lesquels je transmets cette expérience soit à des novices de la création artistique, soit à des personnes en ayant une sensibilité affirmée.

J’ai vu tant de gens croire que ce qui leur était proposé les menait quelque part, et n’avoir rien au bout, que j’ai pensé que ma méthode valait celle des autres.

Chez moi on fait des pièces en 4 heures, et elles sont finies.

Je les ai vus apprendre tant de techniques inutiles, que je propose un autre angle d’attaque : nous ne partons pas d’une technique, mais d’un sujet.

Et j’ai entendu tant de morceaux de musique joués sans émotion, vu tant de sculptures sans émotion, vu tant de peintures sans émotion (et dans les musées aussi), que le point de départ est votre émotion.

Mes ateliers sont donc tout sauf ceux organisés par les musées, les écoles, les potiers, parce que le cœur de ce temps, ce sera vous, vos émotions, vos questionnements Mon but n’est pas de faire de vous un être dépendant à vie de mes propositions, mais un être libre, capable d’autonomie dans son approche artistique.

 

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