Ligne de bijoux « Petits mondes »

Créer une ligne de bijoux est un travail de longue haleine : c’est du même niveau que la création d’une ligne de vaisselle, ou un autre projet artistique. Je pars d’une intention, puis je creuse mon sillon, voire mes sillons.

Mon intention était de faire des bijoux qui ne sont pas des « bijoux d’apparat » qu’on ne porte que pour la beauté de l’objet. Pour moi, un diamant, un collier de perles, un jonc en or, c’est en effet très beau. Beau pour ce que c’est.

Je ne suis pas certaine pour autant d’être bouleversée par la beauté de ce que le diamant véhicule en termes d’images et de conséquences (pour moi : des guerres, des convoitises, la dépossession de certains pays, la corruption, la pauvreté et l’extrême richesse, de la pollution etc), même si un diamant c’est, en effet, très beau. En soi.

Je ne voulais pas non plus de « bijoux de possession ». Pas question de créer du bijoux qu’on offre dans une famille, pour montrer l’appartenance. Je suis certaine que vous comprenez.

J’ai donc crée des bijoux qui sont ce que moi j’aimerai porter. Des bijoux qui sont nos pépites. Nos petits marrons au fond de la poche, qu’on caresse, qu’on serre contre soi, parce que c’est un peu de soi, matérialisé. Des trésors, en fait. Le truc qu’on arrive pas à jeter quand on a tout rangé, qui ne sert pas à grand chose mais qu’on aime de manière déraisonnable. Le truc qu’on offre à une copine ; elle ne saura pas la valeur qu’on lui donne, mais pour nous, c’est un petit trésor. La pièce unique. Celle qui est un peu comme vous.

Il en fallait donc plein, pour que tout le monde puisse choisir. Pour qu’on puisse aussi faire varier nos trésors, en fonction de nous, puisque …. Nous varions, par nature. Et tant qu’à faire une ligne de bijoux pour femmes, autant la créer adaptée aux femmes, et y intégrer nos variations. « Ergonomie d’usage » ?(C’est pour rire, l’ergonomie d’usage, c’est pour les hommes).

Je voulais aussi que ces pièces ne soient pas abandonnées sur une table de chevet, ou près du lavabo. J’avais envie qu’elles aient une existence en soi, qui se distingue du temps durant lequel elles sont portées. Je n’aime pas les bijoux abandonnés, lascifs (?).

La ligne « Petits mondes » est donc en cours de création, et résulte de ces réflexions.  Je commence juste à me pencher sur cette question des bijoux, et si un de mes lecteur en a quelque expérience et a des pistes à me suggérer (pas en termes de créativité, mais plutôt en termes de sens donné à ces objets), faites signe ! La vaisselle et le temps des repas m’ont déjà pris pas mal de temps (quelques années, en fait) … pas désagréable à débroussailler, d’ailleurs …