moments précieux

Renaissance

– « Oui ??? » …

J’ouvre, c’est au troisième, mon gars, en avant.

Il est long à monter, le pépère … Il n’a pas trouvé l’interrupteur … Pfff … J’ai le don d’attirer à moi des gens qui décoiffent, chahutent, vrombissent, pétaradent … je me demande ce que la vie va encore me faire comme coup.

Il est en surpoids, voilà pourquoi. Le troisième étage, ça a une petite tendance à les tuer. Je vais attendre un peu avant de lui annoncer qu’il reste un étage à franchir … Pas envie de devoir appeler le samu, encore moins de faire du bouche à bouche.

Un petit thé un plan un restau des horaires de bus … et hop, il est mûr pour le dernier étage … ta chambre, la salle de bain, n’hésite pas à demander si tu as besoin de quoi que ce soit …

On va partager mon appartement, pour quelques jours. C’est une drôle de situation, de la vie de couple sans couple, avec un peu de vie. Mais pourquoi pas. Je retourne à mon piano, il prend une douche, puis descend, il s’assied, écoute, aime. Puis sort, restau. Fin du premier round. Je retourne à mon piano.

Il y a eu Jean Luc, Romain, Patrice, Andrew, Graham, Michel Ange, Murphy, Yuki et tant d’autres. De tous les âges, toutes les couleurs, tous les calibres. Tant d’autres qui m’ont permis de ne pas oublier que la vie, à deux, est parfois douce. Simple. Qu’on peut partager des moments précieux, sans enjeux. Juste par amour des échanges, par amour de l’autre et de ses différences. Une bouteille de vin, un truc à grignoter. Des discussions, légères, intelligentes. Des hommes, comme je n’en avais jamais rencontrés. Différents, si différents des partitions déjà jouées. Et libres, parce que nous sommes dans l’éphémère. Pas plus, pas envie.

Jusqu’au jour où l’envie est revenue. Le corps s’est réveillé. Doucement, de manière insidieuse. C’était un été calme et doux, et j’ai tourné la page.

Il sonnera, un jour, et je dirai :

– « Ha, il était temps. Parce que mon coco, tu mets mes rêves en feu, et avec toi mes insomnies reviennent. Mais attention : je ne veux pas du couple à souffrir, renoncer, trahir, manipuler, s’ennuyer ; ça, ça me fait peur, comme ça te fait peur … Mon programme, c’est airbnb, et plus, si affinité … C’est du concret, pas du rêvé … »

Dommage, je vais le faire fuir si je lui parle ainsi.

Alors je vous fais la version plus officielle :

– « Henri (j’adore ce prénom, il me fait rire, ce qui est un bon début), vous (le vouvoiement, en amour, c’est absolument divin) êtes aussi un cadeau, dans ma vie … je rêve

De partager avec vous ce qui est vous, et non votre travail

De partager avec vous ce qui sera nous, et pas notre travail

De rire avec vous, de regarder avec vous, de sentir avec vous, de respirer avec vous, de danser avec vous, de marcher avec vous (ou de vous regarder, hein, si vous êtes un chamois, parce que je ne vous courrai pas derrière), de vous écouter, … avec légèreté …

Rien de plus : juste de la vie, de l’amour, de la vie, et de l’amour, encore, et encore. »

Renaissance, ou naissance. Enfin.

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