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« Yes ? Hi ! Do come in, we’re on the third floor… ! »

« Allez, monte, chéri »

Voilà, quelques années plus tard, ça sort tout seul, ces phrases.

Elle monte, silencieuse, sur coussin d’air, comme la tondeuse. Ou il monte, pareil, dans ses godasses design, sur coussinets.

Il y a des gens avec lesquels la relation est fluide, tout simplement. Des gens centrés, qui sont soucieux de la relation qu’ils construisent, quelle qu’en soit la durée. Elle arrive après quelques couples, qui déboulent avec leur stress si ce n’est leur aigreur : je savoure déjà ce petit cadeau qui arrive. Il arrive zen, sans drague, sans négo, à l’écoute : confort.

C’est la saison des anglophones qui viennent de l’autre côté de la planète. Elle arrive de Nouvelle Zélande, avec un accent à couper au couteau. Une sorte d’alsacienne nouveau zélandaise, ou une vieille bretonne de Bréhat. Un langage sans chiqué. Je pense à ces heures de cours de linguistique, et je me demande quelle est la norme. En tous cas, ses sons sont bien loin de ceux que j’ai appris, … et ils sont beaux.

Elle voyage seule. Son mari est resté là bas, il n’était pas certain d’aimer le coin. Maintenant qu’il y regarde de près il pense qu’il aurait été bien avisé de venir faire du vélo mais c’est trop tard… elle a quelques fils, en mer souvent, comme son mari. Une petite fille, qu’elle adore, un peu artiste, un peu pianiste, un peu comme elle.

Un peu comme Sylvain.

Il est entré dans ma vie comme un chat. On a partagé nos croquettes : il a pris les vertes, moi les roses, tout simplement … Il est arrivé à la saison de rien, quand le trou dans la raquette faisait même que je me demandais s’il y avait encore une raquette.

Ils se sont rapidement retrouvés à la place de tant de gens que j’aime, de tant de choses qui me passionnent, que leurs départs laissent un grand vide. Comme ces amitiés, en école militaire. On vit de drôles de trucs, on se transforme. Puis on se quitte, un peu changés.

Viendra un jour où je réussirai à laisser venir, puis laisser partir, heureuse d’avoir laissé la vie se faire, sans y laisser des plumes. Pour l’instant côté plume, j’ai de quoi faire quelques couettes …

Puis Tara est arrivée (inspirante) . Fabio venait après (alors lui, c’est un sujet, aussi).

Victor, Camille, au milieu de tout ça, pour le solide. Avec mes potes, au loin.

Ma vie est belle.