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« oui ????  »

 » 3 eme étaaaage !!! », je devrais dresser un mainate, ce serait poilant …

Michele a 35 ans. Il est italien, jeune, pas vilain en photo. Ça fait deux semaines qu’il a décidé de venir, seul. Il aime la photo, et vient pour cela et croiser nos regards, peut être. J’aime bien les échanges sur ce thème, puis je partage avec ceux qui me suivent. J’ai l’impression de construire une communauté de gens passionnés par les même choses. J’adore …

Tout a commencé il y a donc deux semaines, avec des besoins d’idées de choses à faire avant le « check in » chez moi (en soirée). On a longuement papoté à ce sujet, il a posé trois milliards de questions, je lui ai donné six milliards de réponses, avec des tiroirs, ouverts, dans tous les sens … je me suis dit …

« -tiens, un enfant hyper actif »

J’avais trouvé cela drôle. Parfois les gens sont angoissés à l’idée d’aller chez quelqu’un qu’ils ne connaissent pas, et j’ai mis cela dans ce registre. Puis les flatteries sont arrivées. J’en ai laissé passé une. Puis deux.Silence.

Puis il m’a demandé si j’aimais qu’il me flatte.

– » bon, loulou, comment te dire …. tu es mimi, un peu naïf, un peu jeune quoi …. j’ai juste 15 ans de plus que toi (et quand c’est 15 ans de moins ça me fait le même effet), et je sais ce que je suis… Belle, mignonne, ou pas d’ailleurs (parfois, vraiment moche, ou vraiment belle, et dans les deux cas, ça fait du bien) : j’ai un miroir, et ce n’est pas ton job de me flatter, tu n’es pas à cette place, … ». J’ai gardé la réponse complète pour moi, et lui ai dit que je n’avais rien demandé, et que je n’avais aucun besoin dans ce registre. Et je lui ai dit mon âge, et qu’a priori, 35 ans c’est … bref, l’âge de mes fils, presque. Ça m’érotise autant qu’une fourchette, autant qu’une choucroute, autant qu’une visite chez ma dentiste (que j’adore). Ça je ne lui l’ai pas dit, je l’ai pensé fragile comme nous tous, sensible (parce que les plus vieux ne demandent même pas si cela me dérange, les vieux boucs y vont, sûrs d’eux même, si sûrs d’eux même … ).

Il a eu besoin que je lui dise qu’on attendait de se voir. Là, erreur de ma part. Le prochain, je le signale en comportement déplacé. Mais comme j’ai quelques heures de vol, avec les hommes, dans un contexte pro, je me suis dit qu’il allait passer le cap. Puis après il m’a dit qu’il se comporterait « comme si rien ne s’était passé ».

Pff.

« Mais rien ne s’est passé, loulou. Tu t’es cru obligé de faire un truc idiot. Peut être même es tu culturellement programmé pour croire que j’attends cela : tu n’es pas le seul, tu n’es pas le premier, pas le dernier certainement. Bref. Tu fais comme tu peux, et moi aussi. » Je lui ai dit que son attitude me faisait peur, et il a compris, s’est ressaisi.

Il y en a eu d’autres, dans ce registre. On me dira un jour pourquoi certains hommes ont besoin de croire qu’ils auront plus, « sur un malentendu ». Plus que la nuit, le petit déjeuner. Bref. Pourquoi le fait d’être célibataire veut dire qu’ils m’intéressent …

J’aimerais beaucoup savoir faire ce qu’ils veulent. Un truc, rapide. Sans engagement. Le p’tit souvenir, rigolo, qu’on partage avec ses copines, après un whisky.

Manque de pot je suis coincée dans une armure romantique. Ma « liberté » a été chèrement acquise. Le « respect » de mes « valeurs » est une bataille de chaque instant. Et j’ai surtout du mal à croire qu’il y a une once de respect de la part d’un type qui vient chez moi en espérant que je lui donne plus, bien sur, parce qu’il est super beau, ou parce que, comme par hasard, il a un coup de foudre (mouiiii , bien sur, je comprends, ta femme n’est pas gentille avec toi, et comme par hasard tu tombes fou amoureux de moi qui vais résoudre ton problème de lâcheté) (rêve, coco).

Le voilà …

Petit, mais joli corps. Voix très nasale, au secours. non non non. Vraiment.

« bienvenue ! entre donc !! » … bloc de glace, en moi. Je pensais que je resterai souple. Je lui la joue directrice de boite, tout ce que je n’aime pas en moi, tout ce que je ne suis pas. Ça arrangeait bien tout le monde de croire que je le suis. Qu’ils aillent au diable. Je n’y gagne rien, moi, à ce jeu.

Dans le fond, j’ai l’air sure de moi ; mais je bataille contre mes peurs, mes angoisses, comme tout le monde, une fois les pelures enlevées.

Puis l’histoire est devenue une histoire de regards.

Tu me regardes et je sens que tu comprends mon désir d’attendre, que ton désir n’avait rien à voir avec la réalité, rien à voir avec moi, que tu ne désires pas.

Je te regarde et je me sens comme le soir de Noël : je n’ai pas faim, et certainement pas de trucs gras et lourds et chiants à manger, j’ai envie d’être seule, je ne touche pas le bout de cette envie, et demain il va falloir encore fêter mon anniversaire. faire des sourires et dire merci des cadeaux dont je ne veux pas.

Rien de grave, juste la vie. L’envie d’attendre d’avoir envie.

Il a fallu jouer cette comédie une fois de plus. Boire un verre, accepter un repas au restaurant. Répondre. Sourire.

La porte s’est refermée, quelques jours plus tard, lourde.

Le suivant est venu avec ses parents, et a trouvé l’hôtesse vraiment singulière, comme les lieux, et il a aimé.

Je ne suis sure désormais que d’une chose : mes absences de certitudes ….