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Je vous propose de penser votre repas comme un prolongement de vous, de votre corps, et de son environnement.

Avez-vous déjà mangé avec les doigts, dans des contenus bruts ? Avez-vous été nourri, par un tiers, avec ses doigts ? Quelle sensualité, n’est-ce pas … pourtant ce geste est si courant, sur d’autres continents, c’est un geste d’attention à l’autre, de soin. Pourquoi pas …

Notre société occidentale connait depuis quelques siècles, pour des raisons légitimes certainement, la perte du contact du corps avec les aliments. La perte des sens, voire celle du sens.

Lentement nous avons assisté à l’industrialisation de nos vies, puis à celle de nos objets. Quel luxe, quelle opulence atteints grâce à cela. Quelles destructions, aussi, sur temps court à l’échelle de l’histoire.

Je crois néanmoins assister à une profonde remise en question de tous les fondements de notre société industrialisée, et je pense vivre le début d’une prise de conscience collective.

Il me semble ces derniers mois assister à une profonde remise en question de notre contrat social : celui dans lequel le fait de déléguer certaines tâches (pour les femmes, la garde des enfants, le soin des parents, le fait de cuisiner, de vêtir la famille etc), pour pouvoir créer plus de valeur encore (travailler, dans des postes le plus rémunérateurs possible), se spécialiser, s’éduquer, se former, pour contribuer à la montée en gamme de notre société.

Il me semble que nous arrivons au bout de ce modèle : la pollution de l’eau, de l’air, de la terre ; celle de nos corps nous rattrape. Certains, plus que d’autres, et cela remet encore en question ce contrat social : pourquoi cet écart social, pourquoi cette absence d’équité ?

Nous nous réveillons, après avoir cru pendant des siècles que notre terre pouvait absorber nos activités. Nous prenons conscience, lentement, de ses limites, confrontés à des épisodes de plus en plus aigus : problèmes sanitaires, migrations, catastrophes industrielles, conflits liés à la possession de ses richesses …

C’est dans ce contexte que j’ai commencé à créer ma vaisselle. Dans une réaction sur aigue face à cet environnement, et en pensant l’après.

Créer le minimum, pour être soi au maximum.

Faire ma vaisselle idéale, celle qui correspond à mes quantités, à mon corps, changeant, à mes envies, variantes.

Imaginer une vaisselle pour accueillir des mets créatifs, les honorer.

Honorer mon travail, honorer mes hôtes.

Créer un temps, le repas.

Un temps qui soit un sacrement, celui de nous et nos corps, réconciliés.

Créer la communion, la vraie, sans ordonnance, désordonnée.

« Manger du beau, du bon, du sain », le regarder, le sentir, le gouter, le partager